Effets de la pandémie de COVID-19 sur les intentions d’investissement de 2020 : révision à la baisse de 10,2 %

La pandémie de COVID-19 a eu des effets importants sur les intentions de dépenses en immobilisation corporelle non résidentielle des entreprises au Québec. Différents travaux de l’Institut de la statistique du Québec et de Statistique Canada réalisés avant et après la pandémie en témoignent.

Les résultats compilés font ressortir que :

  • Entre décembre 2019 et juillet 2020, les dépenses en immobilisation corporelle non résidentielle des entreprises, ministères et organismes du Québec prévues pour 2020 ont diminué de 4,7 G$ (– 10,2 %). Cette révision à la baisse des intentions provient majoritairement du privé (– 3,4 G$; – 15,0 %). Au public, la baisse est de 1,3 G$ (– 5,6 %).
  • Le type d’actif avec la baisse la plus marquée dans le privé est l’achat de matériel et outillage (– 2,7 G$; – 20,3 %). Au public, c’est dans la construction que la diminution est la plus marquée (– 1,1 G$; – 5,9 %).
  • Les intentions des dépenses en immobilisation pour l’année 2020 sont révisées à la baisse dans presque tous les secteurs industriels du Québec. Les plus importantes révisions touchent les secteurs de la fabrication (– 1,4 G$; – 27,0 %), des services publics (– 893,1 M$; – 17,7 %), du transport et de l’entreposage (– 608,9 M$; – 8,0 %) et de la construction (– 239,2 M$; – 15,8 %).
  • Les révisions sont toutefois à la hausse dans deux secteurs, soit les soins de santé et l’assistance sociale (212,4 M$; + 8,6 %) et les administrations publiques provinciales et territoriales (141,8 M$; + 5,0 %).

 

Les intentions de dépenses en immobilisation pour l’année 2020

Pour faire face à la pandémie de COVID-19, le gouvernement du Québec a décrété l’urgence sanitaire le 13 mars 2020, marquant ainsi le début du confinement. Deux semaines plus tard, le 21 mars, les frontières avec les États-Unis sont fermées aux voyages non essentiels, puis, le 25 mars, c’est au tour des chantiers de construction de fermer (jusqu’au 11 mai). Ces mesures sanitaires ont fortement perturbé l’économie québécoise et ont occasionné un important ralentissement économique. Le PIB du Québec a connu des baisses historiques au cours des mois de mars (près de – 10 %) et d’avril (près de – 15 %). Ainsi, le confinement, les difficultés d’approvisionnement, l’arrêt des chantiers et les perspectives de revenus en baisse ont eu des répercussions négatives sur les intentions de dépenses en immobilisation pour l’année 2020. La présente analyse vise à comparer les résultats de l’enquête avant et après ces événements afin de voir quels en ont été les effets sur les intentions de dépenses en immobilisation corporelle non résidentielle au Québec.

 

Des révisions à la baisse différentes selon le type de propriété

Lors de la première réalisation de l’enquête en 2019, les entreprises, ministères et organismes du Québec avaient prévu faire des dépenses en immobilisation pour un montant s’élevant à 46,4 G$ en 2020. Or, à la suite des événements de 2020, les intentions de dépenses en immobilisation ont diminué de 4,7 G$ (– 10,2 %) pour atteindre 41,7 G$. Près des trois quarts de cette révision à la baisse proviennent des intentions de dépenses en immobilisation privées (– 3,4 G$; – 15,0 %). Les dépenses en immobilisation publiques, pour leur part, comptent pour plus de 25 % de la baisse, avec une diminution de 1,3 G$ (– 5,6 %).

Le type d’actif avec la baisse la plus marquée dans le privé est l’achat de matériel et d’outillage (– 2,7 G$; – 20,3 %). Pour les entités publiques, c’est en construction que la diminution des dépenses prévues est la plus importante (– 1,1 G$; – 5,9 %).

 

Tableau 1

Dépenses en immobilisation corporelle non résidentielle selon la propriété, ensemble du Québec, 2020i-2020ir

Variation
2020i 2020ir 2020i/2020ir


Propriété M$ % M$

Privé 22 866,4 19 447,8 -15,0 3 418,6
Construction
9 524,5 * 8 809,5 * -7,5 715,0
Matériel et outillage
13 342,0 10 638,3 -20,3 2 703,7
  
Public 23 575,8 22 253,1 -5,6 1 322,7
Construction
19 243,0 18 099,9 -5,9 1 143,1
Matériel et outillage
4 332,8 4 153,2 -4,1 179,6
  
Ensemble des industries 46 442,2 41 700,9 -10,2 4 741,3
Construction
28 767,4 26 909,3 -6,5 1 858,1
Matériel et outillage
17 674,8 14 791,5 -16,3 2 883,3

i : Intentions.
ir : Intentions révisées.
* : Passable.
Notes : En raison de l'arrondissement des données, le total ne correspond pas nécessairement à la somme des parties.
Les dépenses des sous-secteurs suivants sont exclues : Ménages privés (814), Administrations publiques autochtones (914) et Organismes publics internationaux et autres organismes publics extra-territoriaux (919).
Source : Statistique Canada, Enquête annuelle sur les dépenses en immobilisations et réparations. Adapté par l'Institut de la statistique du Québec.
 

 

Les intentions d’investissements révisées à la baisse dans la plupart des secteurs économiques

Dans presque tous les secteurs industriels du Québec, les intentions des dépenses en immobilisation pour l’année 2020 ont été révisées à la baisse entre les deux enquêtes. Les plus importantes révisions touchent les secteurs de la fabrication (– 1,4 G$; – 27,0 %), des services publics (– 893,1 M$; – 17,7 %), du transport et de l’entreposage (– 608,9 M$; – 8,0 %) et de la construction (– 239,2 M$; – 15,8 %). Ces quatre secteurs comptent pour 66,9 % des révisions.

Par ailleurs, deux secteurs ont fait d’importantes révisions à la hausse de leurs intentions, soit les soins de santé et l’assistance sociale (212,4 M$; + 8,6 %) et les administrations publiques provinciales et territoriales (141,8 M$; + 5,0 %). Le tableau suivant présente en détail une comparaison des résultats de l’enquête pour certains secteurs et sous-secteurs d’activité économique avant et après les événements.

 

Tableau 2

Dépenses en immobilisation corporelle non résidentielle de certaines industries, ensemble du Québec, 2020i-2020ir

Variation
2020i 2020ir 2020ir/2020i


Industrie (SCIAN¹) % M$

Services publics (22) 5 055,9 4 162,8 -17,7 -893,1
Construction (23) 1 509,2 1 270,0 -15,8 -239,2
Fabrication (31-33) 5 302,1 * 3 869,0 * -27,0 -1 433,1
Fabrication d'aliments (311) 660,3 * 503,6 ** -23,7 -156,7
Fabrication de boissons et de produits du tabac (312) 385,4 * 262,7 ** -31,8 -122,7
Fabrication de produits du pétrole et du charbon (324) 370,4 ** 170,9 -53,9 -199,5
Première transformation des métaux (331) 1 192,3 870,7 -27,0 -321,6
Fabrication de produits métalliques (332) 393,7 * 239,9 ** -39,1 -153,8
Transport et entreposage (48-49) 7 638,6 7 029,7 -8,0 -608,9
Services immobiliers et services de location et de location à bail (53) 2 853,7 ** 2 240,9 ** -21,5 -612,8
Soins de santé et assistance sociale (62) 2 456,2 2 668,6 8,6 212,4
Hébergement et services de restauration (72) 793,5 ** 291,8 ** -63,2 -501,7
Administrations publiques provinciales et territoriales (912) 2 835,5 2 977,3 5,0 141,8
Administrations publiques locales, municipales et régionales (913) 4 756,4 ** 4 303,7 ** -9,5 -452,7
Autres secteurs 13 241,2 12 887,1 -2,7 -354,1
Ensemble du Québec 46 442,2 41 700,9 -10,2 -4 741,3

i : Intentions.
ir : Intentions révisées.
* : Passable.
** : À utiliser avec prudence.
1. Système de classification des industries de l'Amérique du Nord de Statistique Canada.
Note : En raison de l'arrondissement des données, le total ne correspond pas nécessairement à la somme des parties.
Source : Statistique Canada, Enquête annuelle sur les dépenses en immobilisations et réparations. Adapté par l'Institut de la statistique du Québec.
 

 

Notes méthodologiques et définitions

La présente publication compare les intentions pour l’année 2020 des dépenses en immobilisation corporelle non résidentielle diffusées par Statistique Canada le 27 février 2020 et le 11 août 2020. Ces estimations sont produites à partir de l’Enquête annuelle sur les dépenses en immobilisations et réparations de Statistique Canada et de l’Enquête sur les projets d’investissement de l’Institut de la statistique du Québec.

 

Les estimations diffusées le 27 février 2020 proviennent des données recueillies auprès des répondants entre les mois d’octobre et de décembre de l’année 2019, soit avant la pandémie de COVID-19. Ces estimations ont été révisées le 11 août 2020 à l’aide d’une seconde enquête réalisée en juin et en juillet 2020, soit après la première période de confinement.

 

Dépenses en immobilisation ou investissements : Dépenses faites pour l’acquisition d’actifs durables neufs qui procurent un avantage économique à son propriétaire. Elles sont divisées entre les immobilisations corporelles (bâtiment, travaux de génie, matériel et outillage), incorporelles (logiciel, recherche et développement, prospection pétrolière, gazière et minérale, etc.) et financières (actions, obligations, prêts, créances, etc.). Elles excluent l’achat de terrains, de constructions déjà existantes et de matériel ou d’outillage d’occasion (à moins qu’ils n’aient été importés).

 

Dépenses en immobilisation de propriété publique : Dépenses en immobilisation des administrations, des entreprises et des organismes publics fédéraux, provinciaux, territoriaux et locaux. Le secteur public inclut notamment les institutions d’enseignement publiques et les établissements de santé et de services sociaux publics.

 

Dépenses en immobilisation de propriété privée : Dépenses en immobilisation autres que celles de propriété publique.

 

Diffusion : 29 octobre 2020

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