Déménager d’une région du Québec à une autre : quelles régions attirent les immigrants et les non-immigrants?

Québec, le 25 février 2020. – En 2016, environ 7 % de la population du Québec ne résidait plus dans la même région administrative qu’en 2011. Les migrations entre les régions du Québec ont engendré des pertes pour Montréal, mais des gains pour les régions qui l’entourent. La contribution de la population immigrante à ces mouvements est analysée dans le Bulletin sociodémographique publié aujourd’hui par l’Institut de la statistique du Québec.

Montréal enregistre des pertes dans ses échanges migratoires avec les autres régions, chez les immigrants comme chez les non-immigrants

Selon les données du Recensement de 2016, Montréal a perdu plus de 52 000 personnes dans ses échanges migratoires interrégionaux entre 2011 et 2016. Son déficit a été considérable, tant chez les immigrants (– 23 700 personnes) que chez les non-immigrants (– 28 700 personnes). On remarque que les immigrants qui quittent Montréal pour une autre région du Québec le font principalement au cours des premières années suivant leur admission.

Les déplacements des immigrants profitent surtout à la couronne de Montréal

Les pertes migratoires de Montréal profitent surtout aux régions qui lui sont adjacentes. Dans l’ensemble de ces régions, les gains réalisés chez les immigrants se concentrent dans les secteurs situés dans la couronne immédiate de Montréal. Au-delà de la grande région métropolitaine, les gains migratoires interrégionaux se font presque uniquement chez les non-immigrants.

Globalement, la Montérégie connaît des gains plus élevés chez les immigrants que chez les non-immigrants. Laval fait aussi des gains chez les immigrants, mais affiche des pertes chez les non-immigrants. Quant aux régions de Lanaudière et des Laurentides, elles enregistrent leurs plus forts gains chez les non-immigrants.

  
Solde migratoire interrégional selon le statut d'immigrant, régions administratives du Québec classées par zones, 2011-2016

Région Total Non-immigrants Immigrants

n

Montréal – 52 455 – 28 705 – 23 750
  
Zone adjacente 42 675 19 555 23 120
Laval – 5 585 – 11 460 5 875
Lanaudière 11 780 7 640 4 140
Laurentides 20 145 16 005 4 140
Montérégie 16 335 7 370 8 965
  
Zone intermédiaire 15 805 14 625 1 180
Capitale-Nationale 3 340 3 050 290
Chaudière-Appalaches 4 175 3 795 380
Mauricie 1 520 1 500 20
Centre-du-Québec 4 780 4 865 – 85
Estrie 1 260 1 815 – 555
Outaouais 735 – 395 1 130
  
Zone éloignée – 6 025 – 5 475 – 550
Gaspésie–Îles-de-la-Madeleine – 530 – 460 – 70
Bas-Saint-Laurent – 705 – 475 – 230
Côte-Nord – 2 545 – 2 450 – 95
Saguenay–Lac-Saint-Jean – 1 040 – 910 – 130
Abitibi-Témiscamingue – 640 – 540 – 100
Nord-du-Québec – 565 – 640 75

Source : Statistique Canada, compilation personnalisée du Recensement de 2016. Adapté par l'Institut de la statistique du Québec.

 

Ailleurs au Québec, l’Outaouais est la région la plus favorisée par les déplacements interrégionaux des immigrants

Les immigrants contribuent de façon plus modeste au bilan migratoire interne des autres régions du Québec, à l’exception de l’Outaouais. Si cette région a enregistré un solde migratoire interrégional positif entre 2011 et 2016, c’est uniquement grâce à des gains chez les immigrants, un déficit ayant été enregistré chez les non-immigrants.

Certaines régions sont plus prisées par les non-immigrants

Dans les régions de la Capitale-Nationale, de la Chaudière-Appalaches, de la Mauricie, du Centre-du-Québec et de l’Estrie, les gains sont largement concentrés chez les non-immigrants, certaines d’entre elles enregistrant même des déficits chez les immigrants.

Les soldes migratoires interrégionaux sont négatifs dans les régions plus éloignées des grands centres

Dans les régions plus éloignées des grands centres, les soldes migratoires interrégionaux sont généralement négatifs chez les immigrants comme chez les non-immigrants. Les pertes chez les immigrants apparaissent faibles en nombre absolu, mais elles ont un effet non négligeable sur les effectifs d’immigrants dans ces régions où ils sont peu nombreux.

Les données analysées sont tirées du Recensement de 2016, réalisé par Statistique Canada. Elles portent sur la population immigrante et non immigrante recensée dans un ménage privé au Québec en 2016 et également présente au Québec en 2011. Les immigrants admis entre 2011 et 2016 ainsi que les enfants nés durant cette période sont donc exclus. Il en est de même des résidents non permanents et des personnes recensées dans un ménage collectif.

 


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