Méthodologie(s)


Estimation de la population des municipalités

RAPPORT MÉTHODOLOGIQUE

De par sa loi, l’Institut de la statistique du Québec, créé en 1998 (L.R.Q., c. I-3.011), a le mandat de produire annuellement des estimations de population par municipalité.

I    Sources de données

L’estimation de la population des municipalités est réalisée à partir de la population dénombrée dans chacune des municipalités au dernier recensement disponible. Elle tient compte du mouvement annuel de la population obtenu par l’exploitation des données contenues dans le Fichier d’inscription des personnes assurées (FIPA) de la Régie de l’assurance maladie du Québec (RAMQ).

1 – Statistique Canada

Le modèle d’estimation utilise les données du dernier recensement par subdivision de recensement (SDR). Les estimations annuelles de la population totale par Division de recensement (DR) sont également employées. C’est sur ces dernières données qu’est ajustée l’estimation annuelle de l’ISQ de la population par municipalité.

2 – Fichier d’inscription des personnes assurées (FIPA) de la Régie de l’assurance maladie du Québec

Le Fichier d’inscription des personnes assurées (FIPA) de la Régie de l’assurance maladie du Québec est utilisé pour comptabiliser les mouvements de population annuels survenant les municipalités. Le FIPA est un fichier administratif qui constitue un bassin d’informations intéressantes pour différentes études statistiques. Son niveau de couverture le rend tout à fait approprié pour la production d’estimations de la population selon différents découpages géographiques utilisés par l’administration québécoise, étant donné que tous les Québécois doivent s’inscrire à la Régie de l’assurance maladie pour avoir droit aux services couverts par ses différents programmes. Le fichier est constamment mis à jour par des renseignements transmis directement par les bénéficiaires. La vérification de l’admissibilité s’effectue chaque fois que le bénéficiaire demande lui-même le remboursement d’un service reçu au Québec ou hors Québec. Elle s’effectue également au cours du processus de traitement des demandes de remboursement présentées par les professionnels de la santé. Des informations visant à mettre à jour l’adresse de résidence ou à mettre fin à l’admissibilité légale aux programmes gérés par la Régie peuvent aussi provenir du ministère du Revenu, de la Régie des rentes du Québec, de la Régie de l’assurance automobile du Québec, du Directeur de l’État civil et des avis provenant d’organismes d’autres provinces canadiennes.

Le fichier transmis par la RAMQ à chaque année est un résumé au 1er octobre de la population présente au 1er juillet, épuré de toute identification explicite. Il contient le sexe et la date de naissance de l’individu ainsi que des données portant sur deux années, soit à l’année de référence et à l’année précédente : le code postal, le code de régime et le statut de fiche. Chaque fiche réduite se présente donc sous la forme suivante :

 

      Année1   Année2
     
 
  S, A   CP1, CA1, SF1   CP2, CA2, SF2
           
  S   = Sexe    
  A   = Date de naissance    
  CP = Code postal    
  CA = Code de régime    
  SF = Statut de fiche    
           

Le code postal à six positions est converti en municipalité à l’aide d’un fichier de conversion des codes postaux. Le fichier ne contient aucune indication sur le fractionnement des codes postaux chevauchant plusieurs Îlots de diffusion ou SDR. L’ISQ raffine les appariements du fichier en y ajoutant un poids qui détermine dans quelle proportion l’ensemble de la population détenant un code postal donné devrait être répartie dans tous les AD couverts par chacun de codes postaux. Le poids est calculé sur une base théorique, en fonction des seules informations contenues dans le fichier de conversion et de la population au recensement pour chaque AD. La somme de ces poids permet d’estimer le fractionnement municipal des codes postaux problématiques.

Le code de régime ainsi que le statut de fiche permettent pour leur part de statuer sur la présence de la personne au Québec au 1er juillet de l’année et de déterminer si la personne doit être considérée comme résident du Québec.

Les fiches des bénéficiaires sont classées  en quatre catégories :

  • Résident du Québec les deux années, si la fiche est valide les années 1 et 2;
  • Sortie de la population, si la fiche est valide l’année 1 et non valide l’année 2;
  • Entrée dans la population, si la fiche est non valide l’année 1 et valide l’année 2;
  • Non valide les deux années.

Chacune des catégories est détaillée en fonction du code de régime (CA) et du statut de fiche (SF) afin de déterminer plus précisément l’événement démographique lié à l’entrée ou à la sortie.

II    Méthodologie

La population de départ pour les estimations de 2011 à 2016 correspond à la population par subdivision de recensement (SDR) énumérée au Recensement de 2011. Cette donnée est corrigée du sous-dénombrement officiel selon l’âge et le sexe et ramenée au 1er juillet 2011 par Statistique Canada.

Cette donnée est comparée au chiffre de population tiré du FIPA par municipalité, obtenu par un compte direct des fiches valides. Le rapport de la population au FIPA sur celle au 1er juillet selon les chiffres corrigés du sous-dénombrement donne le taux de couverture du FIPA par municipalité (effectif au FIPA/population au 1er juillet).

TC =  Effectif au FIPA
         Pop au 1er juillet

TC = Taux de couverture      

Les cas extrêmes sont toutefois ramenés à des valeurs plus centrales par l’utilisation d’une borne maximale fixée à 1,25.

TC’ = max (1,25)

TC’ = Taux borné de couverture du FIPA

Ce taux sert à pondérer les événements annuels du FIPA au niveau de chaque subdivision de recensement (SDR).

À partir du fichier jumelé du FIPA sur deux années, par exemple 2011 et 2012, on dénombre les entrées et les sorties liées au mouvement migratoire intermunicipal entre le 1er juillet 2011 et le 30 juin 2012 pour chacune des municipalités. Ces mouvements sont obtenus par la comparaison du code postal en 2011 et en 2012 pour chacun des bénéficiaires. Si le CP en 2011 diffère de celui de 2012 et que le FCCP détermine que les CP se retrouvent dans deux municipalités différentes, il y a migration intermunicipale.  

Des analyses ont démontré que l’entrée en vigueur ou le retrait d’un code postal, par Postes Canada, peut parfois générer de faux mouvements migratoires lors de la conversion en municipalité. Des efforts sont consentis afin d’identifier ces cas et des corrections sont apportées manuellement aux entrées et sorties des municipalités pour lesquelles un problème a été identifié, mais des incohérences peuvent persister. Afin de minimiser les impacts indésirables, le rapport entre les entrées et les sorties migratoires est limité afin que la composante la plus élevée n’excède pas 1,5 fois la composante la plus faible.

S’ = min (S et 1,5 E)
E’ = min (E et 1,5 S)

S = Sorties par migration intermunicipale
E = Entrées par migration intermunicipale

Un décompte des autres mouvements est effectué et classé en deux catégories: Autres entrées (AE) dans la population (naissance, immigration, entrées interprovinciales, etc.) et autres sorties (AS) de la population (décès, émigration, etc.).

Le solde des autres entrées et autres sorties par municipalité est additionné au solde des entrées et des sorties par migration interne, ce qui donne l’accroissement net.

Acc Net = (AE –AS) + (E’ - S’ )

Acc Net =  Accroissement net     

Cet accroissement net est ensuite pondéré avec l’inverse du taux de couverture (1/taux de couverture) du FIPA par municipalité. Si la population du FIPA correspond à 90 % de la population d’une municipalité donnée, il est possible que cette différence soit causée par un ou plusieurs codes postaux et qu’ainsi les entrées et les sorties ne représentent que 90 % de ce qu’elles devraient être. Dans ce cas, les entrées et sorties de la municipalité sont pondérées par 1,11.

  Acc Net’ =
Acc Net 
     
TC’
       

Un compte intermédiaire de la population des municipalités à l’année t + 1 est obtenu en additionnant à la population de départ, au temps t, l’accroissement net pondéré au cours de la période :

P t+1 = P t + (Acc Net’)

P = Population

Ce chiffre est ajusté afin que la somme de la population de toutes les municipalités d’une DR donnée corresponde exactement à l’estimation de Statistique Canada pour cette même DR.
        
          dd

          rr =    Population ajustée
           DRi    =    Population de la division de recensement

Pour les années subséquentes, le point de départ est la dernière donnée estimée qu’on compare au compte du FIPA. Par exemple, l’estimation pour 2013 utilise comme population de base l’estimation de 2012. On procède par la suite suivant les mêmes étapes décrites précédemment, à savoir le calcul du taux de couverture, l’imposition des limites, le cas échéant, aux entrées ou aux sorties et l’ajustement du total de la population des municipalités d’une même DR sur l’estimation de Statistique Canada pour cette DR.

Mars 2017

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Information(s) utile(s)


Le compte de la population : explication des chiffres disponibles

L’Institut de la statistique du Québec diffuse des chiffres de population tirés de trois sources différentes :

  • les estimations démographiques,
  • le recensement,
  • les perspectives démographiques.

Certains sont produits par l’Institut, d’autres le sont en collaboration avec Statistique Canada, ou encore par ce dernier organisme seul. Nos tableaux indiquent la source des comptes. Tout comme l’ensemble des autres statistiques, les chiffres de population comportent une marge d’incertitude. Celle-ci varie selon la source d’information, l’exhaustivité de la comptabilité et la pertinence des indicateurs retenus pour effectuer les évaluations. Les chiffres peuvent différer selon la source et ils peuvent être révisés au fur et à mesure que des indicateurs sont mis à jour.


Les estimations démographiques

Les estimations démographiques ont comme objectifs 1) de corriger les résultats des recensements afin de tenir compte du sous-dénombrement net et des réserves indiennes partiellement dénombrées et 2) de fournir des données populationnelles entre deux recensements quinquennaux. Ce sont les données de population utilisées par l’Institut de la statistique du Québec dans ses travaux d’analyses démographiques.

Les données les plus récentes (2011 à 2017) sont des estimations postcensitaires. Elles ont comme point de départ les comptes du Recensement de 2011, rajustés pour le sous-dénombrement net et les réserves indiennes partiellement dénombrées, suite aux enquêtes de couverture, auxquels est ajoutée annuellement une estimation du bilan des différents événements démographiques enregistrés par la suite (naissances, décès et mouvements migratoires). Pour la dernière année disponible, soit 2017, les données sont appelées postcensitaires provisoires alors que les données des quatre années antérieures, soit de 2012 à 2016 sont des données postcensitaires révisées. Ce qui distingue les données provisoires des données révisées ou définitives est le niveau de complétude et de la disponibilité des données des différentes composantes.

Les estimations font l’objet d’une révision importante aux cinq ans, après que les résultats des enquêtes de couverture du recensement soient connus. Par exemple, lors de la diffusion des données provisoires de 2013, Statistique Canada a procédé à la révision des données de 2001 à 2012. Les données de 2001 à 2010 sont alors devenues des estimations intercensitaires définitives.

Les estimations de la population détaillées selon l’âge et le sexe sont établies au 1er juillet de chaque année par Statistique Canada pour les provinces et territoires et sont publiées annuellement en septembre. Quelques mois plus tard, habituellement en février, Statistique Canada diffuse à l’échelle infraprovinciale les données par DR (divisions de recensement) et par RMR (région métropolitaine de recensement). Ces données permettent à l’ISQ de produite les estimations à l’échelle des régions administratives, des MRC (municipalité régionale de comté) et des municipalités, selon le sexe et l’âge et/ou le groupe d’âge.

L’Institut de la statistique du Québec produit également les données pour le décret annuel de population des municipalités pour le compte du ministère des Affaires municipales et de l’Occupation du territoire qui est responsable de sa préparation. Le décret est adopté en décembre de chaque année par le gouvernement du Québec qui le publie par la suite dans la Gazette officielle.

Ces données sont la référence pour les instances municipales pour la préparation des budgets, pour l’application des lois ainsi que pour la gestion des programmes gouvernementaux. Les estimations de population utilisées pour le décret sont un peu différentes des estimations de population que publie l’ISQ sur son site à cause de la méthodologie qui doit être adapté afin de satisfaire le besoin du MAMOT pour l’accessibilité à des données dès novembre.

Pour un suivi historique de la population des municipalités, que ce soit à des fins d’analyse démographique ou d’aménagement du territoire, il est recommandé d’utiliser les estimations publiées sur le site de l’Institut de la statistique du Québec qui offrent une série chronologique de 1996 à 2017 comparable dans le temps, selon le découpage géographique ajusté au 1er juillet 2017 pour toutes les années.


Le recensement

Le recensement de la population est réalisé aux cinq ans par Statistique Canada, auprès de tous les ménages canadiens. Il établit un compte de la population à un moment précis dans le temps, généralement à la mi-mai.

Malgré l’excellente source d’information qu’il constitue, le recensement sous-estime légèrement la taille de la population et aucun de ses chiffres n’est corrigé. En 2011, le sous-dénombrement net était de l’ordre de 0,9 % en ce qui concerne le Québec et de 2,2 % quant à l’ensemble du Canada. Il varie selon les caractéristiques de la population et des ménages. Notamment, il est plus important chez les 20-34 ans et un peu plus prononcé chez les hommes que chez les femmes.

Statistique Canada expose ainsi, sur son site Internet, quelques raisons qui expliquent la présence d’un sous-dénombrement dans les recensements :

« Le recensement de la population a comme objectif de recueillir des renseignements détaillés sur la population à un moment précis dans le temps. À cet effet, on vise à effectuer un dénombrement complet de la population. Il est toutefois inévitable qu'un certain nombre de personnes ne soient pas comptées, que ce soit parce que leur ménage n'a pas reçu de questionnaire de recensement (par exemple dans le cas où un logement indépendant est difficilement identifiable) ou parce qu'elles n'ont pas été incluses dans le questionnaire rempli pour le ménage (par exemple l'omission d'un chambreur ou d'un pensionnaire). Certaines personnes peuvent aussi ne pas être dénombrées parce qu'elles n'ont pas de lieu habituel de résidence et n'ont pas passé la nuit du recensement dans un logement. À l'opposé, des personnes peuvent avoir été dénombrées plus d'une fois (par exemple des étudiants ne vivant pas à la résidence familiale et ayant été dénombrés à la fois par leurs parents et par eux-mêmes à leur adresse étudiante).

Afin de déterminer le nombre de personnes ayant été omises ou dénombrées plus d'une fois, Statistique Canada mène des études postcensitaires sur la couverture auprès d'un échantillon représentatif de la population. Les résultats de ces études combinées avec les comptes du recensement sont utilisés pour produire les estimations démographiques actualisées, lesquelles tiennent compte du sous-dénombrement net. »

Source : Différences entre les comptes du recensement et les estimations démographiques de Statistique Canada (page consultée le 18 février 2018)

Les perspectives démographiques

Les perspectives démographiques, ou projections de population, sont des simulations du futur. Elles sont basées sur l’examen approfondi des tendances passées et récentes et sur un ensemble d’hypothèses quant à l’évolution des composantes démographique : la fécondité, la mortalité, les migrations externes et les migrations internes. Cet exercice ne cherche pas à prédire l’avenir mais plutôt à présenter un futur possible, si les tendances se maintiennent.

Les projections de population sont produites généralement aux cinq ans, suite à la sortie des données du recensement corrigé du sous-dénombrement, qui sert de population de départ. Elles peuvent toutefois être mises à jour plus fréquemment si une situation importante le justifie.

L’Institut de la statistique du Québec a diffusé en septembre 2014 les Perspectives démographiques du Québec et des régions, 2011-2061, édition 2014. Ces perspectives comportent un scénario principal, le scénario A - Référence, qui trace la tendance générale. Des scénarios secondaires qui utilisent d’autres hypothèses qui suggèrent une fourchette de possibilités parfois fort plausibles, parfois plus théoriques, ont aussi été élaborés. Plus tard à l’automne, les perspectives par MRC pour la période 2011-2036 ont été rendu disponibles.

Les résultats détaillés des perspectives démographiques pour le Québec de 2011 à 2061 et pour les régions administratives, les RMR et les MRC de 2011 à 2036 sont disponibles sur le site Web de l’Institut de la statistique du Québec. On y retrouve de l’information sur la structure par âge et sexe de la population, sur les composantes annuelles (naissances, décès, mouvements migratoires), ainsi que sur les ménages privés.


Mars 2018

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