Méthodologie(s)


Estimation de la population des municipalités

RAPPORT MÉTHODOLOGIQUE

De par sa loi, l’Institut de la statistique du Québec (ISQ), créé en 1998 (RLRQ, c. I- 3.011), a le mandat de produire annuellement des estimations de population par municipalité.

I    Sources de données

1 – Statistique Canada

Le modèle d’estimation utilise les données du dernier recensement à l’échelle des subdivisions de recensement (SDR), un découpage géographique équivalant aux municipalités. Les recensements sont menés tous les cinq ans par Statistique Canada; le plus récent a eu lieu en mai 2016. Les comptes du recensement sont corrigés pour le sous-dénombrement net et les réserves indiennes partiellement dénombrées.

Le modèle emploie également les estimations annuelles de la population des divisions de recensement (DR) et des régions métropolitaines de recensement (RMR) produites par Statistique Canada. C’est sur ces dernières données que sont ajustées les estimations annuelles de la population des municipalités produites par l’ISQ.

2 – Fichier d’inscription des personnes assurées de la Régie de l’assurance maladie du Québec

Le Fichier d’inscription des personnes assurées (FIPA) de la Régie de l’assurance maladie du Québec (RAMQ) est utilisé pour comptabiliser les mouvements de population annuels survenant dans les municipalités. Le FIPA est un fichier administratif qui constitue un bassin d’informations intéressantes pour différentes études statistiques. Son niveau de couverture le rend tout à fait approprié pour la production d’estimations de la population selon différents découpages géographiques utilisés par l’administration québécoise, puisque tous les résidents du Québec doivent s’inscrire à la RAMQ pour avoir droit aux services couverts par ses différents programmes.

Le FIPA est constamment mis à jour par des renseignements transmis directement par les personnes assurées. La vérification de l’admissibilité s’effectue chaque fois que la personne demande elle-même le remboursement d’un service reçu au Québec ou hors Québec. Elle s’effectue également au cours du processus de traitement des demandes de remboursement présentées par les professionnels de la santé. Des informations visant à mettre à jour l’adresse de résidence ou à mettre fin à l’admissibilité légale aux programmes gérés par la RAMQ peuvent aussi provenir de l'Agence du revenu du Québec, de Retraite Québec, de la Société de l'assurance automobile du Québec, du Directeur de l’État civil et des avis provenant d’organismes d’autres provinces canadiennes.

Le fichier transmis chaque année par la RAMQ est un extrait du FIPA qui couvre l’ensemble des individus inscrits en date du 1er juillet. Ce fichier ne contient aucun élément d’identification explicite. Il contient le sexe et la date de naissance de l’individu ainsi que des données portant sur l’année de référence et l’année précédente : le code postal, le code de régime et le statut de fiche. Chaque fiche individuelle se présente donc sous la forme suivante :

 

      Année1   Année2
     
 
  S, A   CP1, CA1, SF1   CP2, CA2, SF2
           
  S   = Sexe    
  A   = Date de naissance    
  CP = Code postal    
  CA = Code de régime    
  SF = Statut de fiche    
           

Le code postal à six positions est converti en municipalité à l’aide d’un fichier de conversion des codes postaux. Ce fichier de conversion est construit principalement à partir du fichier d’Adresses Québec, mais des ajustements sont faits à partir d’autres sources. Les codes postaux chevauchant plusieurs municipalités sont fractionnés à partir d’un poids de répartition qui détermine dans quelle proportion la population détenant un code postal donné devrait être répartie entre les municipalités couvertes par ce code postal. Le poids est calculé sur une base théorique à partir de la population dénombrée au recensement à l’échelle des aires de diffusion (un découpage infra-municipal) et des correspondances entre les codes postaux, les aires de diffusion et les municipalités.

Le code de régime ainsi que le statut de fiche permettent pour leur part de statuer sur la présence de la personne au Québec au 1er juillet de l’année et de déterminer si la personne doit être considérée comme résident du Québec.

Les fiches des personnes assurées sont classées en quatre catégories :

  • Résident du Québec les deux années, si la fiche est valide les années 1 et 2;
  • Sortie de la population, si la fiche est valide l’année 1 et non valide l’année 2;
  • Entrée dans la population, si la fiche est non valide l’année 1 et valide l’année 2;
  • Non valide les deux années.

Chacune des catégories est détaillée en fonction du code de régime et du statut de fiche afin de déterminer plus précisément l’événement démographique lié à l’entrée ou à la sortie.

II    Méthodologie

La population de départ pour les estimations de 2016 et des années suivantes correspond à la population par subdivision de recensement (SDR) énumérée au Recensement de 2016. Cette donnée est corrigée du sous-dénombrement net officiel selon l’âge et le sexe et ramenée au 1er juillet 2016 par Statistique Canada.

Cette donnée est comparée au chiffre de population de 2016 tiré du FIPA par municipalité, obtenu par un compte direct des fiches valides. Le rapport de la population au FIPA sur celle au 1er juillet selon les chiffres corrigés du sous-dénombrement donne le taux de couverture du FIPA par municipalité (effectif au FIPA/population au 1er juillet).

TC =  Effectif au FIPA
         Pop au 1er juillet

TC = Taux de couverture      

Les cas extrêmes sont toutefois ramenés à des valeurs plus centrales par l’utilisation d’une borne maximale fixée à 1,25.

TC’ = max (1,25)

TC’ = Taux borné de couverture du FIPA

Ce taux sert à pondérer les événements annuels du FIPA dans chaque municipalité.

À partir du FIPA, on dénombre les entrées et les sorties liées aux mouvements migratoires intermunicipaux entre le 1er juillet de deux années consécutives, par exemple 2017 et 2018. Ces mouvements sont obtenus par la comparaison du code postal (CP) en 2017 et en 2018 pour chacune des personnes assurées. Si le CP en 2017 diffère de celui de 2018 et que le fichier de conversion des codes postaux détermine que les CP se retrouvent dans deux municipalités différentes, il y a migration intermunicipale.

Des analyses ont démontré que l’entrée en vigueur ou le retrait d’un code postal par Postes Canada peut parfois générer de faux mouvements migratoires lors de la conversion en municipalité. Des efforts sont consentis afin d’identifier ces cas et des corrections sont apportées manuellement aux entrées et sorties des municipalités pour lesquelles un problème a été identifié, mais des incohérences peuvent persister. Afin de minimiser les impacts indésirables, le rapport entre les entrées et les sorties migratoires est limité afin que la composante la plus élevée n’excède pas 1,5 fois la composante la plus faible.

S’ = min (S et 1,5 E)
E’ = min (E et 1,5 S)

S = Sorties par migration intermunicipale
E = Entrées par migration intermunicipale

Un décompte des autres mouvements est effectué et classé en deux catégories: Autres entrées (AE) dans la population (naissance, immigration, entrées interprovinciales, etc.) et autres sorties (AS) de la population (décès, émigration, etc.).

Le solde des autres entrées et autres sorties par municipalité est additionné au solde des entrées et des sorties par migration interne, ce qui donne l’accroissement net.

Acc Net = (AE –AS) + (E’ - S’ )

Acc Net =  Accroissement net     

Cet accroissement net est ensuite pondéré avec l’inverse du taux de couverture (1/taux de couverture) du FIPA par municipalité. Si la population du FIPA correspond à 90 % de la population estimée d’une municipalité donnée, il est possible que cette différence soit causée par un ou plusieurs codes postaux mal attribués ou encore à des individus qui n’ont pas de fiche valide à la date de référence. Ainsi les entrées et les sorties ne représentent que 90 % de ce qu’elles devraient être. Dans ce cas, les entrées et sorties de la municipalité sont pondérées par 1,11.

  Acc Net’ =
Acc Net 
     
TC’
       

Un compte intermédiaire de la population des municipalités à l’année t +1 est obtenu en additionnant à la population de départ, au temps t, l’accroissement net pondéré au cours de la période :

P t+1 = P t + (Acc Net’)

P = Population

Ce chiffre est ajusté afin que la somme de la population de toutes les municipalités d’une DR et d’une RMR donnée corresponde exactement à l’estimation de Statistique Canada pour ces unités découpages.
        
          dd

          rr =    Population ajustée
           DRi    =    Population de la division de recensement

Pour les années subséquentes, le point de départ est la dernière donnée estimée qu’on compare au compte du FIPA. Par exemple, l’estimation pour 2018 utilise comme population de base l’estimation de 2017. On procède par la suite en suivant les mêmes étapes décrites précédemment, à savoir le calcul du taux de couverture, l’imposition des limites, le cas échéant, aux entrées ou aux sorties et l’ajustement du total de la population des municipalités d’une même DR et d’une même RMR sur l’estimation de Statistique Canada pour ces territoires.

Février 2020

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Information(s) utile(s)


Le compte de la population : explication des chiffres disponibles

Différents produits offrant des chiffres de population sont disponibles :

  • les estimations démographiques,
  • les recensements,
  • les perspectives démographiques.

Certains chiffres sont produits par l’Institut, d’autres le sont en collaboration avec Statistique Canada, ou encore par ce dernier organisme seul. Nos tableaux indiquent la source des comptes. Tout comme l’ensemble des autres statistiques, les chiffres de population comportent une marge d’incertitude qui varie selon la source d’information, l’exhaustivité de la comptabilité et la pertinence des indicateurs retenus pour effectuer les évaluations. Les chiffres peuvent différer selon la source et ils peuvent être révisés au fur et à mesure que des indicateurs sont mis à jour.


Les estimations démographiques

Les estimations démographiques ont comme objectifs 1) de corriger les résultats des recensements afin de tenir compte du sous-dénombrement net et des réserves indiennes partiellement dénombrées et 2) de fournir des données populationnelles annuelles entre deux recensements quinquennaux. Ce sont les données de population utilisées par l’Institut dans ses travaux d’analyses démographiques.

Les estimations de population ont comme point de départ les comptes du plus récent recensement disponible, rajustés pour le sous-dénombrement net et les réserves indiennes partiellement dénombrées à la suite des enquêtes de couverture (voir section sur le recensement). À cette base est ajoutée annuellement une estimation du bilan des différents événements démographiques enregistrés par la suite (naissances, décès et mouvements migratoires). Les estimations font l’objet d’une révision importante aux cinq ans, après que les résultats des enquêtes de couverture d’un nouveau recensement soient connus.

Les estimations bornées par deux recensements sont des estimations dites intercensitaires, tandis que les estimations basées sur un seul recensement sont des estimations postcensitaires. Les estimations postcensitaires peuvent être provisoires, révisées ou définitives, selon le niveau de complétude et la disponibilité des données des différentes composantes. La date de référence des estimations est le 1er juillet.

Statistique Canada a diffusé ses premières estimations de population basées sur le Recensement de 2016 à l’automne 2018 pour le Canada, les provinces et les territoires, puis en mars 2019 pour les divisions de recensement (DR) et les régions métropolitaines de recensement (RMR). Ces données ont été révisées respectivement en septembre 2019 et en février 2020. C’est à partir de ces données que l’Institut produit les estimations à l’échelle des régions administratives, des municipalités régionales de comté (MRC) et des municipalités, selon le sexe et l’âge ou le groupe d’âge. Dans la série d’estimations actuellement disponible, les données sont provisoires pour l’année 2019 et ont été révisées pour la période 2011-2018 à l’échelle du Québec, des régions administratives et des MRC.

L’Institut produit également les données pour le décret annuel de population des municipalités pour le compte du ministère des Affaires municipales et de l’Habitation (MAMH) qui est responsable de sa préparation. Le décret est adopté en décembre de chaque année par le gouvernement du Québec qui le publie par la suite dans la Gazette officielle.

Ces données sont la référence pour les instances municipales pour la préparation des budgets, pour l’application des lois ainsi que pour la gestion des programmes gouvernementaux. Les données de population utilisées pour le décret sont un peu différentes des estimations de population que publie l’Institut sur son site en raison de la méthodologie qui doit être adaptée afin de satisfaire le besoin du MAMH pour l’accessibilité à des données dès novembre.

Pour un suivi historique de la population des municipalités, que ce soit à des fins d'analyse démographique ou d'aménagement du territoire, il est recommandé d'utiliser les estimations publiées sur le site de l'Institut qui offrent une série chronologique comparable dans le temps, selon le découpage géographique ajusté au 1er juillet de la dernière année disponible.


Le recensement

Le recensement de la population est réalisé aux cinq ans par Statistique Canada, auprès de tous les ménages canadiens. Il établit un compte de la population à un moment précis dans le temps, généralement à la mi-mai.

Malgré l’excellente source d’information qu’il constitue, le recensement sous-estime légèrement la taille de la population, et aucun de ses chiffres n’est corrigé pour en tenir compte. En 2016, le sous-dénombrement net était de l’ordre de 0,6 % pour le Québec et de 2,4 % pour l’ensemble du Canada. Il varie selon les caractéristiques de la population et des ménages. Notamment, il est plus important chez les 25-54 ans et plus prononcé chez les hommes que chez les femmes.

Statistique Canada expose ainsi, sur son site Internet, quelques raisons qui expliquent la présence d’un sous-dénombrement dans les recensements :

« Le recensement de la population a comme objectif de recueillir des renseignements détaillés sur la population à un moment précis dans le temps. À cet effet, on vise à effectuer un dénombrement complet de la population. Il est toutefois inévitable qu'un certain nombre de personnes ne soient pas comptées, que ce soit parce que leur ménage n'a pas reçu de questionnaire de recensement (par exemple dans le cas où un logement indépendant est difficilement identifiable) ou parce qu'elles n'ont pas été incluses dans le questionnaire rempli pour le ménage (par exemple l'omission d'un chambreur ou d'un pensionnaire). Certaines personnes peuvent aussi ne pas être dénombrées parce qu'elles n'ont pas de lieu habituel de résidence et n'ont pas passé la nuit du recensement dans un logement. À l'opposé, des personnes peuvent avoir été dénombrées plus d'une fois (par exemple des étudiants ne vivant pas à la résidence familiale et ayant été dénombrés à la fois par leurs parents et par eux-mêmes à leur adresse étudiante).

Afin de déterminer le nombre de personnes ayant été omises ou dénombrées plus d'une fois, Statistique Canada mène des études postcensitaires sur la couverture auprès d'un échantillon représentatif de la population. Les résultats de ces études combinées avec les comptes du recensement sont utilisés pour produire les estimations démographiques actualisées, lesquelles tiennent compte du sous-dénombrement net.  »

Source : www.statcan.gc.ca/fra/pa/estima (page consultée le 5 février 2020)

Les perspectives démographiques

Les perspectives démographiques, ou projections de population, sont des simulations du futur. Elles sont basées sur l’examen approfondi des tendances passées et récentes et sur un ensemble d’hypothèses quant à l’évolution des composantes démographiques : la fécondité, la mortalité, les migrations externes et les migrations internes. Cet exercice ne cherche pas à prédire l’avenir, mais plutôt à présenter un futur possible, si les tendances se maintiennent.

Les projections de population sont produites généralement aux cinq ans, à la suite de la sortie des données du recensement corrigé du sous-dénombrement, qui sert de population de départ. Elles peuvent toutefois être mises à jour plus fréquemment si une situation importante le justifie.

L’Institut a diffusé en juillet 2019 les Perspectives démographiques du Québec et des régions, 2016-2066, édition 2019. Ces perspectives reposent principalement sur le scénario Référence (A), qui permet de découvrir vers où nous mènent les tendances actuelles en matière de fécondité, mortalité et migration. Des scénarios secondaires utilisant d’autres hypothèses parfois fort plausibles, parfois plus théoriques, ont aussi été élaborés. En octobre 2019, les perspectives par MRC pour la période 2016-2041 ont été rendues disponibles. Celles à l’échelle des municipalités, pour la période 2016-2036, l’ont été en décembre 2019.

Les résultats détaillés des perspectives démographiques pour le Québec de 2016 à 2066 et pour les régions administratives, les RMR et les MRC de 2016 à 2041 sont disponibles sur le site Web de l’Institut. On y retrouve de l’information sur la structure selon l’âge et le sexe de la population, sur les composantes annuelles (naissances, décès, mouvements migratoires), ainsi que sur les ménages privés.


Février 2020

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