La violence familiale moins présente dans la vie des enfants du Québec qu’il y a 20 ans

Montréal, le 19 juin 2019. – En 2018, moins d’enfants âgés de 6 mois à 17 ans reçoivent des tapes à mains nues sur les fesses, les mains, les bras ou les jambes au moins une fois dans l’année (26 %) qu’en 1999 (48 %). L’occurrence des sévices plus graves, tels que frapper sur les fesses ou ailleurs avec un objet dur, donner un coup de poing ou secouer un enfant de moins de 2 ans sont aussi en diminution, passant de 7 % en 1999 à 3,4 % en 2018. Ces résultats, publiés aujourd’hui par l’Institut de la statistique du Québec, sont tirés de l’enquête La violence familiale dans la vie des enfants du Québec, réalisée pour le compte du ministère de la Santé et des Services sociaux.

Évolution des normes sociales à l’égard de la punition corporelle

Parmi les principaux constats tirés de l’étude, on note que de moins en moins de mères et de pères sont en accord avec l’utilisation de la punition corporelle pour éduquer les enfants. Alors que 29 % des mères affirmaient en 1999 que certains enfants avaient besoin de tapes pour apprendre à bien se conduire, elles sont 7 % à l’affirmer en 2018. Du côté des pères, cette proportion est passée de 34 % en 2004 à 11 % en 2018.

Attitudes parentales à l’égard de la punition corporelle, Québec, 1999, 2004, 2012 et 2018


Attitudes parentales à l’égard de la punition corporelle, Québec, 1999, 2004, 2012 et 2018

a : Pour une population donnée (mères ou pères) et une attitude parentale donnée, le même exposant exprime une différence significative entre les années au seuil de 0,05.
Note : En 1999, seules les données concernant l’item « Certains enfants ont besoin qu’on leur donne des tapes pour apprendre à bien se conduire » étaient disponibles, et ce, chez les mères seulement.
Source : Institut de la statistique du Québec, La violence familiale dans la vie des enfants du Québec, 2018. Les attitudes parentales et les pratiques familiales.

 

Les stratégies de discipline non violentes sont bien connues des parents, mais pas toujours utilisées

La vaste majorité des enfants du Québec (98 %) bénéficient généralement de stratégies de discipline non violentes, telles que la communication ou le retrait de privilèges. Néanmoins, certains enfants (48 %) se sont fait crier ou hurler après, traiter de noms ou menacer de recevoir la fessée ou de se faire frapper à trois reprises ou plus durant une année.

Pour certains enfants, la violence est présente dès la période périnatale

Environ 11 % des mères au Québec vivent de la violence conjugale pendant la période périnatale, soit de la grossesse jusqu’au deuxième anniversaire de l’enfant. Pour 9 % des mères, cette violence est psychologique et verbale, pour 5 %, elle se manifeste par des gestes de contrôle et pour 3,7 %, elle est de nature physique.

Certains enfants sont susceptibles d’être négligés

La vaste majorité des enfants vivent avec des adultes qui répondent à leurs besoins essentiels de sécurité et de développement (83 % à 94 %). Toutefois, de 5 % à 16 % des enfants ne voient pas leurs besoins cognitifs ou affectifs, de supervision ou physiques être comblés de manière optimale. Les résultats montrent, entre autres, que 5 % des enfants âgés de 6 mois à 5 ans sont à risque sur le plan cognitif (p. ex. recevoir de l’affection), alors que 12 % des enfants de 13 à 17 ans le sont davantage sur le plan de la supervision (p. ex. se trouver en présence d’une personne de confiance).

Au sujet de l’enquête

L’enquête La violence familiale dans la vie des enfants du Québec en est à sa 4e édition. Au total, pour l’édition de 2018, 5 184 répondants dont 3 984 mères et 1 200 pères, qui vivent au moins 40 % du temps avec un enfant âgé de 6 mois à 17 ans, ont répondu à un questionnaire téléphonique.

Le rapport disponible sur le site Web de l’Institut de la statistique du Québec offre un portrait statistique détaillé de ces problématiques et examine aussi les liens possibles avec divers facteurs individuels, familiaux et socioéconomiques.

Faits saillants

Rapport

 


L’Institut de la statistique du Québec produit, analyse et diffuse des informations statistiques officielles, objectives et de qualité sur différents aspects de la société québécoise. Il est le responsable de la réalisation de toutes les enquêtes statistiques d’intérêt général. La pertinence de ses travaux en fait un allié stratégique pour les décideurs et tous ceux qui désirent en connaître davantage sur le Québec.

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