Industrie bioalimentaire québécoise : de 2012 à 2015, croissance du PIB réel, diminution des investissements et stabilité de l’emploi

Québec, le 31 janvier 2017 – En 2015, le produit intérieur brut (PIB) réel de l’industrie bioalimentaire, aux prix de 2007, a atteint un sommet de 22,0 milliards de dollars (G$), répartis entre la fabrication d’aliments, de boissons et de tabac (7,1 G$), les services de restauration et débits de boissons (4,9 G$), l’agriculture, la pêche, la chasse et le piégeage (3,8 G$), les magasins d’alimentation (3,2 G$) et les grossistes-distributeurs de produits alimentaires (3,0 G$). Le PIB réel de l’industrie bioalimentaire s’est apprécié de 790,0 millions de dollars (M$) entre 2012 et 2015, et sa contribution au PIB réel de l’ensemble de l’économie du Québec s’est établie à 7,0 %, autant en 2012 qu’en 2015.

De 2012 à 2015, le PIB réel bioalimentaire a affiché une croissance annuelle moyenne de 1,2 %, similaire à celle de l’économie du Québec (+ 1,2 %). Au cours de cette période, l’agriculture, la pêche, la chasse et le piégeage (+ 434,2 M$), la fabrication d’aliments, de boissons et de tabac (+ 366,1 M$), les services de restauration et débits de boissons (+ 100,7 M$) et les magasins d’alimentation (+ 32,0 M$) ont accru leur PIB réel, tandis que les grossistes-distributeurs de produits alimentaires (– 143,0 M$) se sont repliés.

Ces informations sont tirées du Profil sectoriel de l’industrie bioalimentaire au Québec, édition 2016, qui a été réalisé conjointement par l’Institut de la statistique du Québec et le ministère de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation du Québec. La publication présente les principales données de l’industrie entre 2012 et 2015 ainsi que des informations sectorielles détaillées.

Diminution des investissements

En 2015, les entreprises bioalimentaires ont investi pour 1,9 G$ en acquisition, construction, matériels et outillages, en baisse de 255,7 M$ par rapport à 2012. De 2012 à 2015, les investissements bioalimentaires ont connu une décroissance annuelle moyenne de 4,1 % (– 5,6 % pour l’économie du Québec). Sur la période, la part relative des dépenses en immobilisation de l’industrie bioalimentaire sur l’ensemble de l’économie est passée de 5,4 % à 5,7 %. L’agriculture, qui a contribué le plus aux investissements de l’industrie avec en moyenne 30,1 % du total entre 2012 et 2015, a enregistré en 2015 une baisse de 11,2 % de ses investissements par rapport à 2012.

Stabilité de l’emploi

En 2015, l’industrie bioalimentaire a fourni de l’emploi à 488 200 travailleurs. Au cours de la période 2012-2015, le nombre d’emplois de cette industrie est resté relativement stable. L’industrie bioalimentaire a représenté 11,9 % des emplois au Québec en 2015 comparativement à 12,1 % en 2012. En moyenne, de 2012 à 2015, les services de restauration et débits de boissons (208 600), les magasins d’alimentation (127 000), la fabrication d’aliments, de boissons et de tabac (63 300) et l’agriculture (55 200) ont procuré la majorité des emplois de l’industrie.

Progression des échanges commerciaux internationaux

En 2015, la valeur des exportations bioalimentaires du Québec a atteint 7,5 G$, alors que les importations se sont élevées à 6,9 G$. Il s’agit de records dans les deux cas. Entre 2012 et 2015, les exportations (+ 1,4 G$) et les importations (+ 1,5 G$) ont connu un accroissement annuel moyen, respectivement de 7,0 % et 8,7 %. Au cours de cette période, l’industrie bioalimentaire a affiché quatre années de soldes commerciaux positifs : 611,7 M$ en 2015, après des surplus de 770,5 M$ (2012), 447,1 M$ (2013) et 398,0 M$ (2014).

Entre 2012 et 2015, les États-Unis ont augmenté leur importance comme principal marché pour les produits du Québec. Relativement à l’ensemble des exportations, la part des États-Unis s’est accrue de 53,1 % à 71,4 %, alors que l’Union européenne (11,3 % à 5,0 %) et le Japon (8,2 % à 5,7 %) ont vu leur part relative respective reculer. Les exportations à destination des États-Unis se sont chiffrées à 5,4 G$ en 2015, devant le Japon (430,4 M$) et l’Union européenne (375,9 M$).

Les exportations de porc (1,4 G$) et de cacao et ses produits (1,0 G$) ont franchi le milliard de dollars en 2015, tout comme les importations de boissons, excluant les jus (1,5 G$).

Valeur de la production agricole stable

Autant en 2012 qu’en 2015, la valeur totale de la production agricole s’est établie à 9,8 G$. Elle s’est répartie en moyenne durant la période 2012-2015 entre les ventes agricoles aux autres secteurs (7,9 G$), les ventes aux autres exploitations agricoles (1,0 G$) et les autres sources de revenus (0,9 G$). Les dépenses au titre des intrants agricoles se sont chiffrées à 6,1 G$ en 2012 comme en 2015.

Entre 2012 et 2015, les ventes agricoles aux autres secteurs se sont accrues de 416,3 M$. L’augmentation est venue des productions animales (+ 354,7 M$) et végétales (+ 61,6 M$). Les ventes de veaux (+ 116,9 M$), de bovins (+ 115,1 M$) et de porcs (+ 74,0 M$) ont mené les productions animales à 5,3 G$ en 2015, alors que les légumes (+ 133,1 M$), les plantes fourragères (+ 47,6 M$) et les produits de l’érable (+ 38,4 M$) ont élevé les productions végétales à 2,7 G$.


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