La migration interrégionale au Québec en 2015-2016 : les gains disparaissent à Laval, les pertes s’accentuent sur la Côte-Nord

Québec, le 23 février 2017 – Du 1er juillet 2015 au 1er juillet 2016, les échanges migratoires entre les régions administratives du Québec ont encore principalement favorisé les régions adjacentes à Montréal, sauf Laval où aucun gain n’a été observé. Montréal reste largement déficitaire, avec une perte nette de 16 600 personnes, l’équivalent de – 0,9 % de sa population. C’est toutefois la Côte-Nord qui affiche le déficit le plus important proportionnellement à sa population, avec un taux de migration interrégionale de – 1,6 %. Ces résultats sont tirés du bulletin Coup d’œil sociodémographique, numéro 50, publié aujourd’hui par l’Institut de la statistique du Québec.

Montréal et régions adjacentes

Alors qu’elle a vu ses pertes migratoires diminuer de 2010 à 2015, Montréal les a légèrement accentuées l’an dernier. Laval continue de faire des gains vis-à-vis Montréal, mais ils se sont grandement réduits, alors que son déficit face aux autres régions adjacentes s’est accru. En baisse pour la sixième année consécutive, le solde interrégional lavallois devient même faiblement déficitaire en 2015-2016 (– 180 personnes, soit un taux de – 0,04 %), une première depuis qu’il est possible de mesurer cet indicateur. C’est la région des Laurentides qui enregistre encore cette année les plus forts gains au prorata de sa population, avec un solde de 5 800 personnes représentant un taux de migration interrégionale de 1,0 %. La Montérégie fait les plus forts gains en nombre absolu, avec un solde de 6 300 personnes équivalant à 0,4 % de sa population.

Autres régions administratives du Québec

Les régions de la Chaudière-Appalaches et de l’Estrie enregistrent leurs plus forts gains migratoires internes depuis plusieurs années, contrairement à la Capitale-Nationale où ils sont à leur plus bas depuis le début des années 2000. Les régions les plus éloignées des grands centres affichent toutes un solde migratoire négatif, sauf le Bas-Saint-Laurent qui équilibre ses échanges. L’Abitibi-Témiscamingue réduit ses pertes par rapport à l’année précédente, mais les autres régions dites éloignées les ont plutôt accentuées, particulièrement le Saguenay–Lac-Saint-Jean et la Côte-Nord. Cette dernière creuse son déficit pour une cinquième année consécutive.

À l’échelle des municipalités régionales de comté (MRC)

Proportionnellement à sa population, Mirabel affiche le plus fort gain migratoire de toutes les MRC (1 100 personnes, soit 2,2 % de sa population), tandis que La Rivière-du-Nord est première en nombre absolu (2 400 personnes, soit 1,9 % de sa population). Ces deux MRC des Laurentides maintiennent leur position de tête depuis cinq ans. D’autres MRC situées autour de Montréal enregistrent des gains substantiels dans leurs échanges migratoires, dont Montcalm (1,4 %), Vaudreuil-Soulanges (0,9 %) et Beauharnois-Salaberry (0,8 %). Plusieurs MRC affichent également des taux appréciables autour de Québec, qui ne fait quant à elle pratiquement pas de gains. Les MRC de sa couronne nord affichent les plus forts gains relatifs, avec 1,1 % dans La Jacques-Cartier et 0,9 % sur La Côte-de-Beaupré, des niveaux toutefois moindres qu’il y a quelques années. La tendance est plutôt à la hausse sur la rive sud, notamment à Lévis où l’on observe le meilleur bilan des huit dernières années.

Plusieurs données complémentaires sur la migration interrégionale, dont des données par groupe d’âge, sont disponibles sur le site Web de l’Institut.

La migration interne est une composante importante du bilan démographique des régions administratives et des MRC. D’autres composantes agissent toutefois pour faire varier la taille de leur population. Ces autres composantes sont l’accroissement naturel, soit la différence entre les naissances et les décès, de même que les migrations interprovinciales et internationales. Dans certaines régions, comme Montréal et le Nord-du-Québec, le solde migratoire interrégional est négatif, mais la population continue d’augmenter puisque d’autres facteurs d’accroissement compensent les pertes migratoires internes.

 


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Sources :