Le produit intérieur brut réel aux prix de base par industrie, décembre 20081
Sixième baisse du PIB en 2008
Le produit intérieur brut (PIB) réel aux prix de base du Québec plonge de 1,1 % (– 1,0 % au Canada) en décembre, faisant également suite à une croissance anémique de 0,1 % en octobre et à une baisse de 0,7 % en novembre. La baisse enregistrée en décembre est la sixième en 2008. De plus, il s’agit de la plus forte baisse au cours de 2008. Sur une base trimestrielle, l’économie décélère en deuxième moitié de l’année. En effet, après des hausses de 0,2 % au premier trimestre, de 0,5 % au deuxième trimestre et de 0,2 % au troisième trimestre, le PIB faiblit de 0,3 % (– 1,0 % au Canada) au quatrième trimestre. Malgré cette descente, le PIB croît de 1,1 % (0,5 % au Canada) en 2008. En 2007, la croissance s’établissait à 2,4 % (2,5 % au Canada).
La production dans les industries des biens et celle dans les industries des services sont en baisse
L’économie pique du nez en décembre en raison d’un recul de 2,6 % dans la production des industries productrices de biens conjugué à une diminution de 0,4 % dans la production des industries productrices de services.
D’une part, à l’exception de l’industrie de l’agriculture, de la foresterie, de la pêche et de la chasse qui connaît une croissance de 1,0 %, la production des autres industries productrices de biens fléchit : les services publics (– 11,6 %), l’extraction minière, pétrolière et gazière (– 9,2 %), la construction (– 2,3 %) et la fabrication (‑ 0,9 %).
D’autre part, le recul dans la production des industries productrices de services s’explique principalement par des baisses provenant du commerce de gros (– 2,6 %) et du commerce de détail (– 2,5 %). Par ailleurs, quatre autres industries productrices de services voient également leur production à la baisse : les services professionnels, scientifiques et techniques (‑ 0,9 %), le transport et l’entreposage (– 0,7 %), les services d’enseignement (– 0,2 %) et la finance et les assurances, les services immobiliers et de location à bail et la gestion de sociétés et d’entreprises (– 0,1 %).
Cependant, des progressions ont été observées dans sept industries productrices de services et permettent de tempérer la perte. Ces industries sont les suivantes : les arts, les spectacles et les loisirs (2,5 %), l’hébergement et les services de restauration (0,5 %), les services administratifs, les services de soutien, les services de gestion des déchets et les services d’assainissement (0,5 %), les soins de santé et d’assistance sociale (0,4 %), l’industrie de l’information et l’industrie culturelle (0,3 %), les administrations publiques (0,2 %) et les autres services, sauf les administrations publiques (0,1 %).
La production industrielle baisse
En décembre, la production industrielle descend de 3,0 %, après une croissance de 0,6 % en octobre et une diminution de 2,5 % en novembre. Le repli en décembre, le plus négatif de l’année, est le sixième depuis le début de 2008. Les reculs affichés dans les industries des services publics (– 11,6 %), de l’extraction minière, pétrolière et gazière (– 9,2 %) et de la fabrication (– 0,9 %) affaiblissent la production industrielle.
Le commerce de gros chute
En décembre, le commerce de gros décroît de 2,6 %, faisant suite aux deux diminutions consécutives importantes de 3,2 % en octobre et de 2,7 % en novembre. La baisse de décembre est la sixième depuis le début de l’année. La diminution des ventes de gros provenant des matériaux de construction, des ordinateurs et des appareils électroniques, des machines et fournitures et des véhicules automobiles explique en partie cette descente.
Le commerce de détail décline
Le commerce de détail baisse de 2,5 % en décembre. C’est la troisième décroissance
consécutive qui suit celle de 0,9 % en octobre et de 0,1 % en novembre. On observe six fléchissements du commerce de détail depuis le début de l’année. Le recul est imputable surtout aux concessionnaires d’automobiles neuves et aux stations-services.
REVUE TRIMESTRIELLE – 4e TRIMESTRE 2008
L’économie se replie au quatrième trimestre
Au quatrième trimestre, le PIB réel aux prix de base du Québec se contracte de 0,3 %, après avoir augmenté de 0,5 % au deuxième trimestre et de 0,2 % au troisième trimestre. Ainsi, l’économie ralentit depuis la deuxième partie de l’année. Au Canada, l’économie se contracte également au quatrième trimestre : la perte s’élève à – 1,0 %. D’ailleurs, le PIB canadien a crû de 0,2 % au deuxième trimestre et de 0,3 % au troisième trimestre.
Perte observée dans les industries productrices de biens et de services
Les pertes observées dans les industries productrices de biens (– 0,7 %) ainsi que celles productrices de services (– 0,2 %) sont responsables de la diminution du PIB au quatrième trimestre.
Du côté des industries productrices de biens, l’industrie des services publics (– 4,2 %), celle de l’extraction minière, pétrolière et gazière (– 2,0 %) et celle de la fabrication (– 1,3 %) contribuent au recul de la production des industries productrices de biens. Les hausses observées dans les industries de la construction (2,5 %) et de l’agriculture, de la foresterie, de la pêche et de la chasse (1,8 %) permettent d’atténuer la production réduite des industries productrices de biens.
Au quatrième trimestre, les données révèlent que la production des industries des services explique aussi le repli de l’économie. Plus précisément, ce sont les industries du commerce de gros (– 4,3 %), du transport et de l’entreposage (– 1,1%), du commerce de détail (‑ 0,6 %), des services d’enseignement (– 0,6 %), des services professionnels, scientifiques et techniques (– 0,4 %) et de la finance et des assurances, des services immobiliers et de location à bail et de la gestion de sociétés et d’entreprises (– 0,2 %) qui entraînent à la baisse la production des industries productrices de services.
Recul de l’industrie manufacturière
La production du secteur de la fabrication diminue de 1,3 % au quatrième trimestre, après avoir inscrit trois pertes consécutives de 1,3 % au premier trimestre, de 0,1 % au deuxième trimestre et de 2,0 % au troisième trimestre. La dernière croissance remonte au quatrième trimestre 2007 qui s’établissait à 1,0 %.
La baisse du secteur manufacturier est généralisée au quatrième trimestre, puisque 15 industries sur 20, à l’origine de près de 72 % de la production manufacturière, subissent une perte de leur production. Notamment, les industries les plus atteintes sont la fabrication de produits informatiques et électroniques (– 13,1 %), la fabrication de produits en bois (– 9,4 %) et la première transformation (– 8,1 %). Cependant, des gains considérables observés dans les industries de la fabrication de produits aérospatiaux et de leurs pièces (20,7 %), de la fabrication de matériel de transport (14,4 %) et de l’impression et activités connexes de soutien (4,6 %) modèrent le recul dans l’industrie manufacturière.
Le commerce de gros se contracte
L’industrie du commerce de gros affiche une tendance négative. Ainsi, la production du commerce de gros se contracte de 4,3 % au quatrième trimestre, après une baisse de 1,7 % au deuxième trimestre et une légère hausse de 0,6 % au troisième trimestre. Toutes les ventes de gros sont touchées à l’exception des secteurs suivants : les produits alimentaires, l’habillement et les pièces et les accessoires.
REVUE ANNUELLE 2008
L’économie continue de croître en 2007
Le produit intérieur brut (PIB) réel aux prix de base du Québec augmente de 1,1 % en 2007, après avoir enregistré des gains de 1,6 % en 2006 et de 2,4 % en 2007. Au Canada, la croissance est de 0,5 % en 2008, alors qu’elle était de 2,9 % en 2006 et de 2,5 % en 2007. La progression en 2008 provient de la production de services qui s’accroît de 2,1 %, tandis que la production de biens fléchit de 1,1 %.
Bien que seulement trois industries indiquent des replis de leur production, soit la fabrication (– 3,4 %), les services publics (– 3,2 %) et l’agriculture, la foresterie, la pêche et la chasse (– 1,0 %), qui ralentissent la croissance de l’économie, les autres industries voient leur production progresser, dont les plus importantes augmentations proviennent des industries suivantes : la construction (7,1 %), le commerce de détail (4,7 %) et la finance et les assurances, les services immobiliers et de location à bail et la gestion de sociétés et d’entreprises (2,5 %).
Troisième hausse annuelle dans la construction
La production des industries de la construction augmente de 7,1 % en 2008, ce qui représente la troisième hausse consécutive depuis 2006 : elle a été de 2,2 % en 2006 et de 8,2 % en 2007. Cette importante augmentation est essentiellement soutenue par l’industrie de la construction non résidentielle.
La production dans l’industrie de la construction non résidentielle bondit de 12,8 % en 2008, suivant une hausse de 3,5 % en 2006 et de 11,4 % en 2007. Les deux fortes appréciations annuelles au cours des dernières années sont le résultat de l’intensification des travaux d’infrastructure des administrations publiques. La tendance positive de cette industrie devrait se poursuivre pour les prochaines années en raison de la mise en œuvre du programme quinquennal de modernisation des infrastructures en vigueur depuis octobre 2007.
La production de l’industrie de la construction résidentielle s’accroît de 1,0 % en 2008, après avoir inscrit un recul de 0,5 % en 2006 et une plus forte croissance de 5,3 % en 2007. La vigueur de cette industrie en 2007 et en 2008 est principalement due aux activités de rénovation et d’amélioration.
La croissance se poursuit dans l’industrie de la finance et des assurances, des services immobiliers et de location à bail et de gestion de sociétés et d’entreprises
La production dans l’industrie de la finance et des assurances, des services immobiliers et de location à bail et de gestion de sociétés et d’entreprises poursuit sa croissance en 2008 affichant ainsi une hausse de 2,5 %. Celle-ci a été de 2,5 % en 2006 et de 3,2 % en 2007. Depuis 1998, la production n’a cessé de progresser. En 2008, cette industrie contribue le plus à la progression de l’économie. En effet, sa contribution à la croissance du PIB atteint 0,4 point de pourcentage.
_________________
1. L’analyse descriptive des faits saillants est faite à partir de données désaisonnalisées. Voir aussi la note portant sur les révisions à la page 4 de la publication.
Rédaction : Réjean Aubé et Quynh-Van Tran,
le 27 mars 2009 |