| Comptes
économiques du Québec, 4e trimestre 2008 - Faits saillants
Introduction1
Le produit intérieur brut aux prix du marché (PIB) diminue de 0,3 % en termes réels au quatrième trimestre 2008 à la suite de l’affaissement de la demande intérieure qui, jusque-là, avait permis à l’économie québécoise d’échapper partiellement aux effets de la morosité économique nord-américaine et mondiale. Sur une base annuelle, le PIB augmente de 1,0 % en termes réels en 2008, soit un taux inférieur à celui qu’on enregistrait en 2007 (2,6 %). Au Canada, la croissance de 2008 (0,5 %) est aussi inférieure à celle de 2007 (2,7 %). Tant au Québec qu’au Canada, la diminution du taux de croissance du PIB provient de la baisse des exportations et aussi du ralentissement de la demande intérieure finale.
Pour l’ensemble de l’année, l’investissement total en capital fixe voit sa croissance coupée de moitié, et ce ralentissement provient essentiellement de l’investissement des entreprises alors que celui des administrations publiques atteint des sommets. Dans le cas des administrations publiques, la croissance est très élevée, principalement sur le plan de la construction non résidentielle et, dans une moindre mesure, sur celui de l’investissement en machines et matériel. Du côté des entreprises, la construction résidentielle et l’investissement en machines et matériel accusent des baisses modérées, alors que la construction non résidentielle augmente pour une troisième année consécutive.
Les exportations totales de biens et services en volume diminuent pour un quatrième trimestre d’affilée. Les exportations vers les autres provinces diminuent plus que celles vers les autres pays témoignant du recul de l’activité économique dans le reste du Canada au quatrième trimestre. Sur une base annuelle, le déficit du commerce extérieur se creuse encore en 2008, et ce, de façon continuelle depuis 2003.
Sur le plan des revenus, la rémunération des salariés croît moins rapidement qu’en 2007 pendant que le revenu net des entreprises individuelles non agricoles enregistre une hausse supérieure à celle de 2007, et que celui des exploitants agricoles recule après un bond en 2007.
La croissance des bénéfices des sociétés en 2008 se maintient comparativement à celle enregistrée en 2007. Par ailleurs, les intérêts et revenus divers de placement font encore montre de vigueur, affichant une progression de 8,2 % après une avancée de 15,6 % en 2007.
Le revenu personnel augmente de 3,6 %, grâce entre autres à la hausse des transferts des administrations publiques aux particuliers. Compte tenu du léger recul des impôts directs et autres transferts aux administrations publiques, le revenu personnel disponible croît de 4,8 %. Exprimé en termes réels, le revenu personnel disponible augmente de 3,4 %, encore en hausse après l’augmentation de 4,5 % en 2007. Par contre, le taux d'épargne se replie et passe de 2,0 % à 1,7 %.
LE PRODUIT INTÉRIEUR BRUT SELON LES REVENUS
Les composantes du revenu intérieur net aux prix de base
La rémunération des salariés atteint 162,9 G$ en 2008, ce qui constitue une hausse de 3,0 %, comparativement à 5,5 % en 2007. Ainsi, en 2008, la rémunération hebdomadaire moyenne croît de 2,4 % et l’emploi, de 0,8 %. Au quatrième trimestre 2008, la rémunération des salariés (1,1 %) affiche un taux supérieur à ceux des premier (0,8 %) et troisième (0,6 %) trimestres et semblable à celui du deuxième trimestre (1,0 %).
Les bénéfices des sociétés avant impôt ralentissent également avec une augmentation de 2,6 % en 2008 en regard de celle de 3,2 % en 2007; ces bénéfices se chiffrent ainsi à 28,6 G$ en 2008. Au quatrième trimestre, ils connaissent une forte baisse de 10,4 %, ce qui fait suite à des gains de 0,5 %, de 4,7 % et de 2,9 % obtenus aux premier, deuxième et troisième trimestres respectivement.
Les bénéfices des entreprises publiques avant impôt affichent eux aussi un taux de croissance moins élevé en 2008 (5,1 %) relativement à celui de 9,0 % observé en 2007. Ainsi, durant toute l’année les profits des entreprises fédérales (0,2 %) augmentent à peine, tandis que ceux des entreprises provinciales s’accroissent de 7,8 % et ceux des entreprises locales, de 4,5 %. Au quatrième trimestre, les bénéfices des entreprises publiques (‑ 10,8 %) chutent et cette contraction marquée est observée à tous les paliers de gouvernement.
De même, les intérêts et revenus divers de placement (8,2 %) obtiennent de moins bons résultats en 2008 après la très forte croissance de 15,6 % enregistrée en 2007. Au quatrième trimestre, ils montent de 0,6 % après deux trimestres à la baisse.
Le revenu net des entreprises individuelles agricoles fléchit de 22,9 % en 2008, à la suite d’un bond de 26,2 % en 2007, ces écarts s’expliquant en grande partie par l’évolution de la variation des stocks entre 2007 et 2008. Au quatrième trimestre, ce revenu augmente de 27,7 % à cause des recettes monétaires de 2,5 % plus élevées, tandis que les dépenses d’exploitation demeurent stables. Seul le revenu net des exploitants non agricoles affiche une croissance plus élevée en 2008, soit de 5,0 % par rapport à celle de 3,5 % en 2007. Toutefois, sur une base trimestrielle, ce revenu ralentit et montre ainsi une croissance de 0,9 % au quatrième trimestre après des augmentations supérieures à 1 % à chacun des trois premiers trimestres.
Les impôts indirects et les subventions
En 2008, les impôts indirects de l’administration fédérale diminuent de 9,1 %, pendant que ceux de l’administration provinciale restent stables et que ceux des administrations locales sont en hausse de 2,2 %. La baisse observée du côté de l’administration fédérale provient de recettes moins importantes au titre de la TPS (– 13,2 %). Du côté de l’administration provinciale, les hausses observées au chapitre du financement des programmes de santé (3,4 %) et de la TVQ (1,5 %) sont compensées par les diminutions des recettes générées par la taxe sur le capital (– 19,5 %), les impôts indirects divers (– 8,0 %) et les taxes sur les carburants (– 4,8 %).
Par ailleurs, en 2008, l’administration fédérale bonifie ses subventions de 11,3 % et les administrations locales de 0,9 %, tandis que l’administration provinciale restreint les siennes de 0,9 %.
LE PRODUIT INTÉRIEUR BRUT SELON LES DÉPENSES
Les dépenses personnelles de consommation
La croissance des dépenses personnelles de consommation en termes réels ralentit et s’établit à 3,5 % après avoir enregistré une hausse de 4,3 % en 2007. Les dépenses en biens (4,0 %), plus particulièrement celles en biens non durables (1,1 %) se conjuguent à celles en services (3,0 %) et constituent ainsi la cause de ce ralentissement. En effet, les achats de biens durables (8,3 %) ainsi que ceux en biens semi-durables (6,3 %) affichent de très bons résultats pour l’ensemble de l’année 2008.
Quant aux catégories plus détaillées de biens et services, elles évoluent plus lentement, à l’exception de celles en vêtements et chaussures (6,5 %) et de celles en meubles, accessoires d’ameublement, équipement ménager et entretien du ménage (5,0 %). Ainsi, l’augmentation des dépenses en loisirs, divertissements, formation et culture passe de 5,3 % à 4,9 % de 2007 à 2008, celle en soins médicaux et services de santé de 7,2 % à 3,9 %, celle en transports et communications de 4,7 % à 3,7 %, celle en loyers bruts, en combustible et en énergie de 3,5 % à 2,7 %, celle en biens et en services personnels de 4,0 % à 2,3 % et celle en aliments, boissons et tabac de 1,5 % à 1,3 %.
Sur une base trimestrielle, après avoir ralenti depuis le début de 2008, les dépenses personnelles reculent pour la première fois depuis le premier trimestre 1998. La diminution de 0,7 % est attribuable aux biens (– 0,9 %) et, dans une moindre mesure, aux services (– 0,5 %). Toutes les grandes composantes des dépenses de consommation sont à la baisse au quatrième trimestre. Les dépenses en biens durables (– 1,8 %) sont les plus touchées avec, en toile de fond, les dépenses en meubles, accessoires d’ameublement, équipement ménager et entretien du ménage (– 1,2 %) et celles en transports et communications (– 1,0 %). Pour leur part, les dépenses en biens non durables (– 0,6 %) diminuent pour un troisième trimestre consécutif et celles en biens semi-durables (– 0,1 %) baissent marginalement.
Les dépenses publiques en biens et services
Les dépenses publiques courantes en biens et services (2,5 %) ralentissent en 2008 comparativement à la hausse de 3,2 % en 2007. Au quatrième trimestre, ces dépenses (0,4 %) augmentent à nouveau après un repli de 0,1 % au troisième trimestre.
Les dépenses de l’administration fédérale (6,7 %) s’accroissent plus rapidement en regard de l’année précédente (4,4 %). À l’inverse, celles de l’administration provinciale voient leur croissance passer de 3,4 % en 2007 à 1,3 % en 2008. Au sein de cette administration, les dépenses du gouvernement mettent les freins (0,6 % comparativement à 3,1 %) ainsi que celles en éducation (3,0 % contre 4,6 %) et celles en santé (1,5 % relativement à 3,2 %). Du côté des administrations locales, la hausse des dépenses (2,5 %) est à peine plus élevée que celle de 2,3 % enregistrée en 2007. Ce sont les municipalités, dont les dépenses s’accroissent de 4,5 % en regard de 3,1 %, qui expliquent cette évolution car, à l’inverse, les dépenses des commissions scolaires augmentent moins rapidement et passent ainsi d’un taux de 1,6 % à 0,6 % de 2007 à 2008.
L’investissement en capital fixe
L’investissement en capital fixe présente une augmentation de 3,4 %, ce qui représente moins de la moitié de celle affichée en 2007. Les investissements des entreprises, après deux années de hausse, font du surplace en 2008. Ceux des administrations publiques, par contre, se démarquent avec un bond de 20,8 % qui fait suite à celui de 12,5 % l’année passée. Cette hausse exceptionnelle provient en majeure partie de la construction non résidentielle qui explose de 29,4 % alors que l’investissement en machines et matériel n’est pas en reste avec une croissance de 9,6 % mais, au quatrième trimestre, il accuse une première baisse trimestrielle (– 3,5 %) depuis le troisième trimestre 2002. Du côté des entreprises, les investissements en machines et matériel reculent de 1,0 % après avoir crû de 6,8 % en 2007. De même, la construction résidentielle se contracte de 0,6 % à la suite d’une augmentation de 5,7 % l’année dernière. Pour sa part, la construction non résidentielle (2,8 %) demeure en hausse mais à un rythme plus modéré en regard de l’an passé (9,5 %). Au dernier trimestre 2008, l’investissement des entreprises diminue de 2,1 %, dû à l’investissement en machines et matériel (– 6,6 %), puisque les constructions résidentielle (1,8 %) et non résidentielle (0,6 %) affichent des augmentations.
En ce qui concerne les composantes de la construction résidentielle, ce sont les logements neufs (– 4,2 %) ainsi que les coûts de transfert de propriété (– 3,8 %) qui induisent la baisse observée de la construction résidentielle en 2008, car les dépenses en amélioration et rénovation (3,6 %) évoluent toujours à la hausse. Sur une base trimestrielle, les coûts de transfert de propriété (– 17,8 %) chutent au quatrième trimestre, pendant que les logements neufs (2,6 %) et les dépenses en amélioration et rénovation (5,2 %) sont à la hausse pour un troisième trimestre consécutif.
La demande intérieure totale et le commerce extérieur
En 2008, la demande intérieure finale progresse de 3,3 % en regard de 4,7 % l’année précédente. Ce ralentissement provient principalement de l’investissement en capital fixe des entreprises qui diminue de 0,1 % après un bond de 6,8 % en 2007. C’est au quatrième trimestre que le ralentissement se fait le plus sentir, alors que la demande intérieure finale fléchit de 0,6 % après avoir augmenté à chacun des trois premiers trimestres de l’année. De plus, pour l’ensemble de l’année, l’investissement en stocks s’effectue plus lentement qu’en 2007, ce qui conduit la demande intérieure totale à une hausse de 2,7 % en comparaison de celle de 4,8 % l’an dernier.
Le déficit du commerce extérieur se creuse en 2008, et ce, depuis 2003. Ce déficit s’élève ainsi à 25,3 G$ après celui de 20,4 G$ en 2007. Une hausse du côté des importations (1,3 %), couplée à une diminution des exportations (– 1,9 %), en est la cause. Cette évolution s’observe tant du côté du commerce international que de celui du commerce interprovincial en 2008. Les forces sous-jacentes à cette évolution diffèrent toutefois. En effet, les biens (1,8 %) induisent l’augmentation des importations internationales (1,6 %) par opposition aux importations interprovinciales (0,6 %) qui augmentent à cause des services (4,4 %), et toutes les composantes des exportations sont à la baisse, à l’exception des exportations interprovinciales de services (2,1 %).
Sur une base trimestrielle, les exportations de biens et services reculent tout au long de l’année 2008. Ce recul s’établit à 1,8 % au quatrième trimestre et provient de toutes les composantes des exportations : des biens (– 1,7 %) et des services (– 2,0 %) tant en ce qui concerne les exportations internationales (– 1,4 %) que les exportations interprovinciales (– 2,4 %). Les importations sont également à la baisse tout au cours de l’année, sauf au deuxième trimestre où elles augmentent de 1,1 %. Au quatrième trimestre, elles diminuent fortement, soit de 2,3 %. Tant les biens (– 2,8 %) que les services (– 2,7 %) se replient pour ce qui est des importations internationales (– 2,8 %), tandis que seuls les biens (– 3,4 %) se rétractent du côté des importations interprovinciales (– 1,0 %). Les importations qui décroissent plus fortement que les exportations font en sorte que le déficit du commerce extérieur passe de 26,7 G$ au troisième trimestre à 25,4 G$ au quatrième.
LE REVENU PERSONNEL
La provenance
Le revenu personnel enregistre une croissance de 3,6 % en 2008 comparativement à 5,9 % en 2007, et il s’établit à 259,0 G$. Les revenus relatifs au travail (rémunération des salariés et revenu net des entreprises individuelles) augmentent de 3,1 % en 2008, comparativement à 5,3 % en 2007. Les revenus de placement (3,2 %), en hausse pour une cinquième année consécutive, enregistrent cependant leur plus faible croissance depuis 2004. Ce ralentissement de la croissance reflète en grande partie la baisse des taux d’intérêt, compensée par la hausse des dépôts dans les institutions financières.
Les transferts en provenance des administrations publiques croissent de 5,9 % après une hausse de 6,6 % en 2007 et ils s’établissent à 42,4 G$ en 2008. Les transferts de l’administration fédérale augmentent de 8,1 % (5,8 % en 2007). Les prestations de l'assurance-emploi diminuent de 1,5 % et les versements de la prestation fiscale pour enfants varient peu (– 0,2 %). Par ailleurs, les prestations de la sécurité de la vieillesse croissent de 5,0 % et ce sont les transferts divers qui expliquent la plus grande partie de la croissance des transferts fédéraux en 2008 avec un saut de 26,9 %, attribuable au versement spécial relatif à la Convention de la Baie-James et du Nord québécois en début d’année.
Les transferts de l’administration provinciale montent de 3,0 %, après une hausse de 8,7 % en 2007. Outre la diminution de 0,4 % des prestations d'aide sociale et la faible hausse des transferts divers (1,2 %), toutes les autres composantes des transferts provinciaux augmentent de façon marquée, dont les transferts aux associations de bienfaisance (8,5 %), les prestations du RQAP (7,4 %) et les indemnités de la CSST (4,4 %). Enfin, les prestations du Régime de rentes du Québec (RRQ) s'établissent à 9,1 G$ en 2008, en hausse de 5,6 %, et celles du Régime de pensions du Canada (RPC) passent de 106 M$ à 110 M$ en 2008.
L’utilisation
Les impôts directs et autres transferts des particuliers aux administrations publiques, qui augmentaient de 6,7 % en 2007, diminuent de 0,3 % en 2008. Cette diminution trouve sa source dans l’impôt sur le revenu, qui recule de 1,4 % en 2008, après une hausse de 9,5 % en 2007. Tant les recettes au chapitre de l'impôt fédéral (– 1,3 %) que celles au chapitre de l’impôt provincial (– 1,6 %) contribuent à la baisse, reflétant les mesures d’allégement fiscal mises en place au niveau tant fédéral que provincial.
Pour leur part, les cotisations aux régimes d’assurance sociale augmentent de 2,4 % après avoir diminué de 0,3 % en 2007. La hausse en 2008 provient principalement des cotisations au Régime québécois d’assurance parentale dont le taux de cotisation et le revenu maximal assurable ont augmenté respectivement de 8,2 % et 2,5 % pour un résultat global de 11,2 %. Par ailleurs, les cotisations à la CSST augmentent de 1,6 % tandis que celles à l'assurance-emploi diminuent de 2,8 % reflétant la baisse du taux de cotisation. Enfin, les cotisations au RRQ augmentent de 3,2 %, s’établissant à 9,2 G$, et celles qui sont versées au RPC passent de 61 M$ à 62 M$.
Sous l’effet combiné de la baisse des impôts et de la hausse du revenu personnel, le revenu personnel disponible augmente de 4,8 %, comparativement à 5,7 % en 2007. Exprimé en termes réels au moyen de l’indice implicite des prix des dépenses de consommation, le revenu personnel disponible croît de 3,4 %, comparativement à une hausse de 4,5 % en 2007. Comme le revenu disponible (4,8 %) croît un peu moins rapidement que les dépenses de consommation (4,9 %), l’épargne personnelle réalisée diminue et elle s’établit à 3,4 G$ comparativement à 3,7 G$ en 2007. De même, le taux d'épargne passe de 2,0 % en 2007 à 1,7 %, alors qu’au Canada, il remonte, passant de 2,7 % à 3,7 %.
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1. La description des faits saillants est faite à partir des données désaisonnalisées annualisées (tableaux 1 à 10). Les données des comptes trimestriels ont été révisées de 2004 à 2007 en décembre 2008 pour intégrer les Comptes provinciaux publiés par Statistique Canada le 8 novembre 2008.
27 mars 2009 |
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