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Dossiers - Développement durable

La période appelée les Trente glorieuses, qui a suivi la fin de la Seconde Guerre mondiale en 1945, a été une période de forte croissance économique, démographique et technologique. Certaines personnes, dont les membres du Club de Rome, ont commencé à se préoccuper des conséquences que pourrait avoir cette croissance. Ce groupe de scientifiques, économistes, fonctionnaires et hommes d’affaires de plusieurs pays, s’est penché sur la problématique du développement et a publié en 1972 un rapport s’intitulant Halte à la croissance? Dans ce rapport, les auteurs démontrent que l’accroissement rapide de la population, donc de la consommation et de la pollution, menace l’humanité. Afin de proposer des stratégies environnementales pour assurer un développement durable, la Commission mondiale sur l’environnement et le développement des Nations unies a aussi publié, en 1987, le Rapport Brundtland intitulé Notre avenir à tous.

Qu’est-ce que le développement durable?
Jeune garçon qui souffle sur un pissenlit blanc

Le gouvernement du Québec, s’inspirant du rapport Bruntland, définit le développement durable comme un « développement qui répond aux besoins du présent sans compromettre la capacité des générations futures à répondre aux leurs. Le développement durable s’appuie sur une vision à long terme qui prend en compte le caractère indissociable des dimensions environnementale, sociale et économique des activités de développement ».

Pour comprendre cette définition, il est important de bien interpréter le mot « développement ». Dans ce contexte, le développement est défini comme étant l’augmentation du bien-être de la population. Il y a donc développement durable lorsqu’il y a un accroissement du bien-être de la population sur une très longue période de temps.

Comment mesurer le développement durable au Québec?

Mesurer le développement durable est une tâche très difficile puisqu’il sera seulement possible de connaître dans le futur si le développement d’aujourd’hui est durable. Par conséquent, la mesure du développement durable peut uniquement être déduite à partir des données actuelles.

 

 

Quelles sont les méthodes utilisées pour mesurer le développement durable au Québec?

Approche par objectifs
Une des méthodes utilisées au Québec est appelée approche par objectifs. À l’aide d’indicateurs, elle permet d’évaluer les efforts, c’est-à-dire les actions à poser, pour atteindre les objectifs que les membres de la société se donnent afin de permettre un développement durable.

Ainsi, le gouvernement du Québec a déterminé 30 objectifs dans sa Stratégie gouvernementale de développement durable 2008-2013. Chacun de ces objectifs comprend des indicateurs permettant de mesurer concrètement les efforts du gouvernement pour que le Québec se développe de façon durable.

Approche par capitaux
Une autre méthode utilisée au Québec pour mesurer le développement durable est appelée approche par capitaux. Cette approche, basée sur les théories de la science économique, consiste à suivre l’évolution de la quantité et de la qualité des capitaux qui représentent les richesses dont dispose la société pour son développement.

Pour bien connaître l’utilité de l’approche par capitaux, il faut comprendre les liens entre les capitaux, les biens et les services et le bien-être. Il y a création de bien-être lorsque les besoins humains sont comblés par la consommation ou l’utilisation de biens et de services. Par exemple, le besoin de manger est comblé par la consommation de nourriture (un bien). De même, le besoin d’être écouté en cas de problème peut-être comblé par un ami, un parent ou un centre d’aide (un service).

Par contre, ces biens et services n’existent pas toujours tels quels dans la nature. Pour exister, ces biens et services ont besoin « d’ingrédients ». Par exemple, pour qu’une pomme existe, il faut un pommier qui à son tour a besoin d’une terre riche en nutriment, du soleil, de l’air, de l’eau et de la chaleur. Sans ces ingrédients, la pomme ne peut se former et, par conséquent, les humains ne pourront combler leur besoin de manger. Selon cette logique, le développement, donc l’augmentation du bien-être de la population, pourra être durable seulement si l’on préserve la qualité et la quantité des ingrédients nécessaires à la création de biens et services. L’ensemble de ces ingrédients forme les « capitaux ».

Schéma présentant les 5 capitaux

Les capitaux sont des richesses qui permettent aux générations actuelles d’assurer leur bien-être. En préservant ces capitaux, il devient possible d’assurer le bien-être des générations futures.

Au Québec, cinq types de capitaux ont été retenus :

  1. Le capital humain : les compétences, les expériences, le savoir et le niveau de santé des individus.
  2. Le capital social : les réseaux sociaux, les règles et les valeurs partagées. C’est-à-dire, la quantité et la qualité des échanges entre les individus, les groupes et les institutions.
  3. Le capital produit : les machines, les outils, les bâtiments, les infrastructures (ex. : routes et ponts), les logiciels, etc. qui servent à la fabrication de biens de consommation.
  4. Le capital financier : l'argent, c'est-à-dire la monnaie, les dépôts bancaires, les actions et les obligations.
  5. Le capital naturel : les ressources naturelles (forêts, mines, animaux, eau, terre, air, etc.) qui fournissent des biens et services écologiques tels que les matériaux de construction, les habitats pour les animaux, la séquestration du carbone, la filtration de l’eau et de l’air, etc.  

Quels sont les indicateurs québécois de développement durable selon l'approche par capitaux?

La prochaine section présente sous forme de graphiques et de cartes interactives quelques-uns des 20 indicateurs choisis par le gouvernement du Québec pour mesurer les différents capitaux. Bien que les indicateurs de développement durable n’évaluent pas toutes les facettes de chaque capital, ils donnent un aperçu général de leur évolution.

Comment mesurer le capital humain?
Le capital humain sert à la production de la plupart des biens et services. La fabrication de biens (automobiles, ordinateurs, etc.) ou l’offre de services (psychologue, avocat, etc.) nécessitent le travail d’êtres humains. Posséder la santé, les compétences, les expériences et le savoir aide les travailleurs à effectuer leurs tâches.

La distribution du plus haut niveau de diplomation a été choisie comme indicateur pour évaluer la quantité de savoir que détiennent les Québécois.

 

Pour mesurer le niveau de santé, le Québec a choisi l’indicateur espérance de vie en bonne santé.

Comment mesurer le capital social?
Le capital social peut prendre différentes formes. Les personnes bénéficiant d’un large réseau social accèdent plus facilement à de l’aide et à de l’information. Par exemple, les amis d’école peuvent aider à faire des devoirs, à trouver un emploi et peuvent écouter en cas de besoin. Aussi, une personne peut demander de l’aide ou de l’information à la société (Tel-jeunes, Info-santé, etc.) Au travail, la quantité et la qualité des échanges entre travailleurs permettent à ceux-ci d’être mieux outillés face à l’épuisement professionnel et aux problèmes relationnels.

Au Québec, les réseaux sociaux des individus sont mesurés à l’aide d’un sondage demandant aux individus s’ils peuvent compter sur leur entourage ou sur les services publics, lorsqu’ils ont besoin de soutien ou de conseils, de se confier, de discuter de leurs problèmes ou d’obtenir des renseignements. Avec cette information, il est possible de calculer la proportion des personnes ayant un niveau élevé de soutien social, un indicateur du capital social.

Les réseaux sociaux entre les différents groupes sont quant à eux mesurés à l’aide de l’indicateur temps consacré aux activités organisationnelles. En plus de créer ou d’entretenir des échanges entre les individus, la participation à des activités sociales ou caritatives permet de tisser des liens entre différents groupes sociaux. Par exemple, des liens peuvent se créer entre les bénévoles et les personnes aidées.

Comment mesurer le capital produit?
Le capital produit est utilisé pour la production de presque tous les biens de consommation. Par exemple, pour produire un ordinateur, il faut des outils, des chaînes de montage, des bâtisses, du matériel d’éclairage et de chauffage, etc. 

Pour mesurer le capital produit, il faut déterminer la valeur de l’ensemble des machines, des outils, des bâtiments, des infrastructures, etc. se trouvant sur le territoire québécois. L’indicateur stock net de capital fixe par habitant nous donne cette valeur.

Comment mesurer le capital financier?
Le capital financier permet d’acquérir les capitaux nécessaires à la production de biens et de services. Par exemple, pour qu'une usine produise des biens, elle a besoin de capital financier pour acheter des machines et pour rémunérer les employés.

Le capital financier se mesure en additionnant les actifs financiers nets, c’est-à-dire, l’ensemble des avoirs monétaires moins les dettes monétaires. Une partie du capital financier est donc mesurée en utilisant l’indicateur avoirs nets des ménages.

Comment mesurer le capital naturel?
Le capital naturel fournit les matières premières nécessaires à la fabrication de biens telles que les ressources minérales (or, fer, cuivre, etc.), énergétiques (pétrole, gaz naturel, hydroélectricité, etc.) et biologiques (bois, poissons, plantes, animaux, etc.) Il fournit aussi les éléments de base nécessaires à la survie de l’être humain, notamment l’approvisionnement en eau et en air de bonne qualité.

Pour mesurer le capital naturel, il ne faut pas seulement tenir compte de la quantité, mais aussi de la qualité. L’indice de la qualité de l’air informe sur les concentrations d’ozone et les particules fines dans l’air. Moins il y a de ces deux principaux polluants, meilleure est la qualité de l'air.

 

 

La qualité est également un élément important pour le suivi de l’eau. L’indicateur sur la qualité de l’eau à l’embouchure des principaux bassins versants méridionaux permet de connaître la qualité de l’eau des rivières québécoises en mesurant la quantité des trois différents polluants que l’on y trouve, soit les coliformes fécaux, le phosphore et les matières en suspension.

 

Vous voulez en savoir plus?

Consultez les sections suivantes pour en connaître davantage sur les indicateurs du développement durable :